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La plage de Lespecier comme décor de cinéma

  • Culture
Le 14 janvier 2019

Durant l’été et l’automne dernier, la ville de Mimizan a accueilli pas moins de trois équipes de tournage. La plage de Lespecier fut à plusieurs reprises le décor de prises de vues, pour les besoins d’une série télévisuelle qui sera diffusée sur France 2 en 2019, ainsi que d’un court métrage qui sera présenté dans les festivals de cinéma dès le printemps prochain et programmé sur Canal +. Ces productions bénéficient du soutien de la région Nouvelle- Aquitaine et du Département des Landes.

La plage de Lespecier a été élue cet été comme l’une des plus belles plages des Landes par les lecteurs du journal Sud Ouest qui la considèrent comme l’une des zones les plus sauvages de notre côte sableuse. Aussi, ce n’est pas non plus un hasard si elle a littéralement « tapé dans l’oeil » de plusieurs réalisateurs de cinéma ou de fictions et séries télévisées. En août et septembre derniers, elle a accueilli l’équipe de tournage de La Dernière Vague, une série créée par Sophie Hiet et Alexis Le Sec qui sera diffusée courant 2019 sur France 2, avec Marie Dompnier et Arnaud Binard dans les rôles principaux. L’intrigue de cette série, réalisée par Rodolphe Tissot et produite par Kwaï à l’origine de Baron noir sur Canal +, mêle science fiction et milieu du surf. L’on y retrouvera de nombreux Mimizannais parmi les figurants, ainsi que Vincent Duvignac, surfeur professionnel et membre de l’équipe de France championne du monde en 2017, qui a entraîné et conseillé les acteurs de la série. Des habitués reconnaîtront peut-être la Cabane de la plage de Lespecier, relookée pour l’occasion. En octobre, la nouvelle promenade de l’Océan et la plage de la Garluche ainsi que la rue des Trois Pignes furent le lieu de tournage de quelques scènes d’un long métrage, Poissonsexe, réalisé par Olivier Babinet, coproduit par Comme des Cinémas (France) et Tarantula Productions (Belgique) et tourné en partie dans les Landes. Comme son titre ne l’indique pas, il s’agit d’une comédie romantique.

En novembre dernier, une équipe d’une trentaine de personnes s’est installée à l’hôtel de France pour le tournage de Maquis Bablinga, un film de Fabien Dao, produit par Don Quichotte Films. Cette jeune société est composée de deux producteurs, Yannick Beauquis et Quentin Brayer, qui se sont rencontrés sur les bancs de la Fémis, l’école nationale supérieure des métiers de l’image et du son. Le premier court-métrage de Fabien Dao, Le Caïman de Boromo, fut aussi un travail de fin d’étude de la Fémis, cette grande école publique rattachée au Ministère de la Culture. Son second film, Il pleut sur Ouaga, réalisé en 2016 et également produit par Don Quichotte Films, a été présenté dans différents festivals et a décroché une mention spéciale du jury à Aix-en-Provence et Milan en 2018. C’est en défendant son film au dernier festival de Contis que Fabien Dao a découvert les plages landaises dont les perspectives correspondaient bien à l’esthétique de son futur court-métrage, Maquis Bablinga. Une option de tournage qui s’est finalement imposée à la faveur du soutien de la région Nouvelle-Aquitaine et du Conseil départemental des Landes.

Afin de faciliter les démarches d’un premier repérage, le bureau d’accueil de tournages du Département a proposé le site de la plage de Lespecier avec le bâtiment qui abrite le poste de secours. « La silhouette du bâtiment qui se détache nettement au milieu de la dune et face à l’océan correspondait très bien à l’esprit du film, un décor idéal pour restituer les sentiments d’isolement et de mélancolie », confie Fabien Dao. Il fallait un bâtiment isolé et la proximité de l’océan pour raconter l’histoire du Maquis Bablinga et de Moktar, son personnage principal. Ce dernier, propriétaire de la brasserie Bablinga, a toujours dit qu’une fois l’établissement fermé, il retournerait vivre au Burkina Faso, qu’il a quitté dans les années 1980 pour venir s’installer en France. Le moment venu, il n’est plus vraiment décidé à partir. Alors, ce sont les fantômes de son passé burkinabé qui s’invitent pour célébrer une dernière soirée. La brasserie Bablinga va alors se transformer en maquis, un de ces bistrots ouest-africains, haut lieu de musique et de danse. Une soirée qui est marquée par un glissement entre le réel et la fantaisie avec tous ces personnages qui viennent du passé fantasmé de Moktar en surgissant de l’océan et qui au petit matin voudront l’entraîner avec eux. La plage de Lespecier fut donc le décor de ces scènes de Maquis Bablinga où Moktar voit surgir ces personnages et où ils essaient de l’entraîner vers l’océan. « Le fait d’avoir une grande plage isolée pour pourvoir filmer sur tous les axes en gardant de la profondeur était idéal », résume Fabien Dao qui était très heureux d’avoir trouvé un décor naturel correspondant à ses intentions esthétiques et narratives. Ne restait plus qu’à trouver le lieu idéal pour tourner les scènes d’intérieur.

Après un repérage réalisé durant l’été, Ghislaine Gennerat, la propriétaire et exploitante de l’hôtel de France à Mimizan-Plage a été contactée par la production, non seulement pour qu’une partie de son établissement serve de décor pour l’intérieur du Maquis Bablinga, mais encore pour l’hébergement de l’équipe de tournage, techniciens et comédiens. Les dates retenues lui convenaient parfaitement, du 12 au 17 novembre, juste après la fin de la saison. Elle a été séduite par le projet, la motivation d’une équipe jeune, sympathique et très professionnelle et aussi très heureuse que son établissement ait été retenu. « J’ai été conquise par l’ambition de ce projet artistique et ravie de découvrir l’univers fascinant du cinéma », confiait-elle, en soulignant également l’excellente ambiance qui a régné tout au long de cette semaine de tournage. La salle où sont servis les petits déjeuners a été transformé en maquis burquinabé avec une fresque évoquant Bablinga, qu’elle a récupéré auprès des producteurs du court-métrage en souvenir de cette aventure qui fera partie de l’histoire de l’hôtel. Le choix de la fin de saison était aussi important pour l’équipe de tournage qui conservera également un bon souvenir de Mimizan et de l’accueil qui lui fut réservé à l’hôtel de France. « Ce furent des conditions vraiment idéales et un luxe de pouvoir résider sur le lieu de tournage », soulignait Yannick Beauquis, producteur du film. En ce moment s’ouvre une période de postproduction et un gros travail sur les images et les sons, durant lequel « l’on redécouvre le film » et il faudra également soigner certains effets spéciaux qui soulignent le passage du réel vers la fantaisie et l’imaginaire de Moktar. Le film devrait être prêt fin février 2019 pour être présenté dans des festivals avec aussi une diffusion sur Canal + à la clé.

Le Bureau d'Accueil de tournages du département des Landes

Le territoire des Landes est fort d’un riche potentiel en termes de décors naturels et de ressources professionnelles, aussi depuis plus d’une quinzaine d’années, le Conseil départemental mène une politique dynamique et ambitieuse dans le domaine du cinéma et de l’audiovisuel. Il soutien aussi bien l’écriture que la production de court et long métrages pour le cinéma comme les fictions et séries télévisées. Après avoir mené en 2016 une étude sur l’attractivité du territoire landais dans le domaine de l’audiovisuel et du cinéma, le Conseil départemental des Landes a ouvert son bureau d’accueil de tournages le 2 janvier 2018. Dépendant de la direction de la Culture et du Patrimoine, il est en lien direct avec le fonds de soutien départemental à la production. Il démarche et détecte les productions intéressantes, accompagne la préparation des tournages en amont puis en aval avec les collectivités d’accueil. Il est partie prenante de la valorisation des films soutenus et accueillis dans les Landes en collaboration avec le réseau des salles de proximité. Il joue un rôle fondamental pour les actions d’éducation à l’image en favorisant l’organisation des accueils du public notamment des jeunes sur les tournages, au côté de l’association Du Cinéma Plein mon Cartable, opérateur départemental d’éducation à l’image. 

Pour en savoir plus : www.landes.fr/bat40 Pour suivre l’actualité des tournages dans les Landes sur Facebook : BAT40Landes