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La station balnéaire et l'océan : une vieille histoire

  • Environnement
Le 29 novembre 2018

La station balnéaire de Mimizan-Plage, autrefois appelée Mimizan-les-Bains, s’est développée autour de l’embouchure du Courant qui est l’exutoire du système hydrologique des grands lacs du Born.

 

Si l’on se réfère aux témoignages historiques (vieilles cartes du littoral) et au cadastre de 1828, la rivière côtière allait se jeter à 3,5 km plus au sud que son embouchure actuelle après avoir effectué de nombreux méandres. Il n’y avait alors aucune habitation. Par soucis d’assainissement du secteur, une première tentative de redressement du lit du Courant fut exécutée de 1835 à 1838 à l’aide de pieux en double et triple file. Ce piquetage s’avéra insuffisant : la digue fut emportée et la rivière se remis à dériver pour se rejeter dans l’océan au niveau des étangs de la Mailloueyre. Un chemin d’accès direct à la plage fut créé et l’on trouve trace de l’origine de la station balnéaire vers la fin du Second Empire. L’ouvrage de Paul Joanne signale la présence d’une chapelle que fit construire Victor Marrast (maire de Mimizan de 1860 à 1870) à ses frais, d’un établissement de bains chauds à eau de mer et des premiers chalets sur la dune nord. De 1871 à 1873 de nouveaux travaux furent entrepris avec l’édification d’une digue en blocs de ciment qui mit fin à la divagation du lit du Courant. Une double rangée de pieux « brise-lames » (troncs de pins enfoncés à la masse) parallèle au rivage est mise en place dans les années 1880 en même temps que des travaux de protection de la dune. Ils seront durant de longues années les principaux ouvrages de défense face à l’océan sur la plage. Une simple passerelle relie les deux rives du Courant, puis un pont à double voie (routier - chemin de fer) est construit en 1907, repris en 1954, puis reconstruit en 2001 en même temps que sont aménagées à nouveau les digues nord et sud. L’épisode remarquable de l’hiver 2013- 2014 et sa succession de fortes tempêtes nous rappelle que d’autres fortes tempêtes ont assailli nos rivages depuis le début du siècle dernier, emportant l’établissement de bains de mer sur la plage nord, ou comme en 1924, inondant la gare et coupant la ligne de chemin de fer. Faute d’entretien, l’on déplora deux brèches dans la digue sud, avenue du Courant en 1952 et près de l’embouchure en 1955. Des travaux furent réalisés sur l’ouvrage en 1958.

 

LES ANNÉES 1960

Plusieurs tempêtes violentes se sont succédées de 1959 à 1961 puis en 1965-1966 sur le littoral et causèrent d’importants dégâts, en particulier sur la plage nord de la station balnéaire de Mimizan. C’est aussi à cette époque que vont être construits plusieurs ouvrages de défense contre l’océan, suite à une délibération unanime du Conseil municipal en date du 5 mai 1961. Ce qui constitue aujourd’hui la digue nord du Courant est au départ conçu comme un épi, le n°1 en enrochement parallèle à la digue sud et d’une longueur de 260 mètres. Avec deux autres épis, les n°2 et n°3, implantés plus au nord, ils devaient constituer un système permettant de fixer le sable et de maintenir le niveau de la plage au-dessus du niveau des hautes mers de vives eaux, protégeant ainsi la dune. Les épis n°2 et n°3 ont été construits en 1961 et 1966 mais n’ont pas suffi à contenir les assauts de l’océan en octobre 1966. L’épi n°1 sera finalement construit en 1967 avec une longueur totale de 350 mètres, retenue par l’État, inférieure aux travaux qui furent alors envisagés par le Conseil municipal et le Conseil général des Landes : 415 mètres avec un prolongement de 65 mètres de la digue sud, afin de lui redonner sa longueur initiale de 1873. L’Esplanade du Courant fut aménagée en 1988 grâce au profil de plage plus favorable qui a permis à la dune de se reformer. La configuration actuelle de l’embouchure du Courant date de 2001 lorsque le pont fut reconstruit, après une étude de la SOGREAH, les digues réaménagées avec un musoir « brise-lames » et la largeur de l’exutoire réduite.